Le Service de sécurité et de renseignement (BIS)

service de renseignement de la République tchèque

Histoire du BIS

Après la révolution de novembre 1989, la nouvelle démocratie faisait face à une tâche difficile. La Sûreté de l´État (StB) qui avait agi comme une extension du KGB soviétique et dont le modèle embrassant tout et non contrôlé servant à une élite étroite au pouvoir de l´État totalitaire avait été refusé, a été dissoute. Le fait notoire que chaque service secret représente un baromètre sensible du régime politique, a entraîné l´adoption d´une absolument bonne décision, à savoir de commencer à créer des services à partir de zéro et ne pas les démocratiser seulement par les modifications cosmétiques. Il importait que de nouveaux services soient fidèles aux principes de la démocratie et de l´État de droit et qu´il respectent pleinement les droits de l´homme et les libertés publiques.

 

La difficulté de cette tâche s´est avérée surtout en cas de la création du service de renseignement intérieur, prévu pour occuper la place sensible de la Sûreté de l´État dissoute. Les expériences avec le StB redoutable suscitaient des inquiétudes et des soupçons que le nouveau service se transforme, lui aussi, en police secrète politique. Il y avait une autre source de la méfiance et de la prudence: la constatation qu´après le rejet du schème du StB, un modèle nouveau n´existe pas et qu´il est impossible de reprendre les modèles des services de renseignement fonctionnant dans les pays démocratiques occidentaux.

 

Une seule solution: profiter de l´expérience du monde libre et de la transférer et adapter,  de la façon adéquate,  à nos conditions. C´étaient les gens moralement honnêtes, mais ne disposant pas l´expertise, qui devaient poser les fondements. Plus tard, certains parmi eux se sont montrés comme non qualifiés pour travailler au sein du service secret. Si on y ajoute la rupture des liens entre les dissidents, dont une partie est entrée en politique et une autre s´est engagée dans la reconstruction du Ministère de l´Intérieur, les résultats n´ont pu voir monde  qu´après de grandes douleurs. Les difficultés initiales, ayant la forme d´affaires divers et accompagnant la création du service de renseignement intérieure nouveau, ne peuvent pas être attribuées seulement aux personnes inexpérimentées. Une grande partie du chemin épineux, plein d´escarmouches, d´erreurs et de rebondissements peut être mise sur le compte de nouveaux hommes politiques et fonctionnaires d´après-novembre, dont la majorité écrasante a adopté une attitude confuse et souvent tout à fait défavorable. Le Service a été pratiquement abandonné, il ne s´est pas vu - à quelques exceptions près - chargé de tâches, personne n´a voulu le connaître en cas de complications, personne n´a pris son parti, personne n´a voulu assumer la responsabilité politique. Bien sûr, on peut - avec le recul de temps - excuser tout ça dans une certaine mesure.

 

La clé pour comprendre les positions de réserve, voire négatives soutenues par la majorité de la représentation politique et gouvernementale d´après-novembre peut être trouvée dans le climat international et politique de l´époque. Après la chute de l´empire soviétique, il semblait que de nouvelles démocraties européennes naissantes n´encouraient plus aucun risque. Pour la plupart des politiciens, les nouveaux services secrets n´ont représenté que "les enfants non désirés", qui venaient au monde, mais personne n´en voulaient. C´était le service de renseignement intérieur autonome qui souffrait le plus. Le service extérieur agissant à l´étranger et les services militaires ont été cachés sous la tutelle de leurs ministères. Mais les mois se sont écoulés, la guerre a éclaté dans le golfe Persique, suivi d´une tentative de coup d´État à Moscou, le conflit armé s´est enflammé en Yougoslavie et tout d´un coup, l´image de l´Europe n´encourant plus aucun risque avéré naïf.  Il n´y a aucune raison de décrire ici tout l´éventail de péripéties, de succès et de pertes que le service de renseignement intérieur tchèque a vécus sur le chemin à sa forme actuelle. Dresser une carte du passé - c´est une tâche pour des historiens. Actuellement, le BIS est un service tout à fait fonctionnel, apprécié et reconnu à l´étranger et il accomplit ses missions.

 

 

Dénominations, dates et directeurs:

 

L´Office de la protection de la Constitution et la démocratie du Ministère fédéral de l'Intérieur (ÚOÚD)

Une partie du Ministère fédéral de l´Intérieur

16. 02. 1990 - 19. 12. 1990

  • Zdeněk Formánek (février – avril)
  • Jan Ruml (avril – juin)
  • Jiří Müller (juin – novembre)
  • Jiří Novotný (novembre – décembre)

 

Le Service fédéral de renseignement du Ministère fédéral de l´Intérieur (FIS FMV)

Une partie du Ministère fédéral de l´Intérieur

20. 12. 1990 - 30. 06. 1991

  • Jiří Novotný

 

Le Service fédéral de sécurité et de renseignement (FBIS)

Créé sur la base de la loi no 244/1991 Rec

01. 07. 1991 - 31. 12. 1992

  • Jiří Novotný (juillet 1991 – décembre 1991)
  • Štefan Bačinský (janvier 1992 – août 1992)
  • Pavol Slovák (septembre 1992 – décembre 1992)

 

Le Service de sécurité et de renseignement de la République tchèque (BIS ČR)

Crée sur la base de la loi no 527/1992 Rec.

01. 01. 1993 - 29. 07. 1994

  • Stanislav Devátý

 

Le Service de sécurité et de renseignement (BIS)

Créé le 30 juillet 1994 sur la base de la loi 154/1994 Rec.

  • Stanislav Devátý (juillet 1994 – février 1997)
  • Karel Vulterin (mars 1997 – janvier 1999)
  • Jiří Růžek (juillet 1999 – mai 2003)
  • Jiří Lang (juin 2003 – août 2016)
  • Michal Koudelka (août 2016) 

 

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